L’application pour le soutien scolaire va proposer des offres de formations. La start-up genevoise veut devenir la référence des plateformes de cours en Suisse.

L’heure de la rentrée scolaire a sonné. De nombreux élèves romands retrouvent ou découvrent leurs bancs d’école cette semaine. Alors que Jurassiens, et Neuchâtelois ont commencé ce lundi, les Fribourgeois reprennent les cours jeudi. Quant aux Genevois et Vaudois, ils retrouveront le chemin de l’école lundi prochain.

Un système de géolocalisation

Qui dit période de cours dit révisions pour les plus grands. Un véritable casse-tête tant pour les étudiants que les parents d’élèves. Comment trouver le bon répétiteur? Qui appeler? Pour quel budget? Alors qu’autrefois on faisait appel au grand frère, à la cousine ou aux voisins, le soutien scolaire s’est aujourd’hui bien développé et a fait émerger plusieurs plateformes qui facilitent l’accès aux répétiteurs. Parmi elles, l’appli- cation Bulbee App, lancée l’an dernier. Imaginée par l’enseignante genevoise Dina Mottiez, Bulbee App est tout simplement la première app sur mobile pour ce service en Suisse.

Dina Mottiez est la fondatrice de la startup Bulbee

Son fonctionnement est simple. Grâce à un système de géolocalisation, l’app permet la mise en relation entre un répétiteur qui souhaite transmettre ses connaissances et des élèves (majeurs ou mineurs) et leurs parents ayant besoin d’un soutien scolaire. Et elle permet aussi la recherche classique en cherchant un profil et un créneau dans l’agenda du répétiteur. «L’objectif était de créer une app avec une grande flexibilité, com- mente la fondatrice et CEO Dina Mottiez. De ce fait, Bulbee App permet de trouver en six minutes montre en main un répétiteur.» Un accès facile par son smart- phone certes, mais comment être sûr que l’élève rencontre un répétiteur et non une personne mal intentionnée? «Nous vérifions leur casier judiciaire et chacun d’entre eux devra passer un questionnaire pédagogique avant de pouvoir s’inscrire sur Bulbee App.»

«Devenir le Trivago de la formation»

Après un an de mise en service, l’application compte aujourd’hui plus de 350 utilisateurs. Face à ce succès, l’entrepreneure a tout de même décidé de changer sa formule.

Si auparavant s’abonner à Bulbee App coûtait 21 francs pour trois mois, la nouvelle version de l’application sera désormais gratuite pour toute personne cherchant de cours.

Dina Mottiez

Quant aux pourvoyeurs de cours – les fameux répétiteurs -, leur inscription est aussi gratuite. Ils paieront cependant – et à l’aide d’une monnaie virtuelle – la mise en relation, soit afin de prendre connaissance de l’identité de celle ou celui qui fait la demande de cours. Après l’évaluation du cours en question, le répétiteur pourra compléter sa bourse de monnaie virtuelle et «payer» les futures demandes de cours. Ainsi, à terme, un bon répétiteur peut aisément être sur Bulbee App de façon complète- ment gratuite.

Ce nouveau système de rémunération est le fruit d’un revirement stratégique de la part de Dina Mottiez. La plateforme de sou- tien scolaire sera en effet complétée par des offres de cours proposées par des institutions privées. Ces dernières – partenaires désormais de Bulbee App – seront liées contractuellement à la start- up et pourront promouvoir leur offre de cours sur la plateforme. C’est la grande nouveauté de l’entreprise genevoise. «Nous voulons devenir le “Trivago” de la formation. » Il sera ainsi possible de trouver des cours de comptabilité, de marketing, de langues et même d’auto-écoles. Le but pour l’entreprise genevoise est de devenir la référence suisse de l’offre en formation, et ceci grâce à des partenariats avec les différents établissements.

Ce nouveau virage entrepris est le fruit d’une longue réflexion stratégique faite avec son collaborateur Xavier Gerber, mais également d’une volonté de la part de sa clientèle. « Un directeur d’un institut privé nous a approché en nous félicitant pour notre technologie de base. Il nous a ensuite émis cette idée de devenir une plateforme de cours. Nous y avons réfléchi. Il a fallu près de trois mois pour mettre cette stratégie en place. »

Si la V2 de Bulbee est prête à être développée, l’entreprise reste à la recherche de financement. Dina Mottiez et son équipe sont ainsi dans l’optique de récolter 50.000 francs pour peaufiner les derniers réglages de l’application. Avec cette nouvelle offre, la start- up envisage d’étendre son champ d’action jusqu’en Suisse alémanique pour cette année. Et grâce à la gratuité pour son service de soutien scolaire, l’entreprise Bulbee vise les 1000 utilisateurs pour mi-2019

Par Matteo Ianni

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